Démolition des bâtiments à Sidi El Houari : le wali d’Oran clarifie la situation

Le wali de la wilaya d’Oran a publié, ce lundi, un communiqué dans lequel il informe les citoyens et l’opinion publique que les bâtiments vétustes du quartier historique de Sidi El Houari, qui ont fait l’objet d’une opération de démolition après le relogement de leurs occupants, datent de l’époque coloniale. Ces bâtiments, classés dans la zone rouge, représentaient un danger imminent pour les résidents et les passants dans cette rue principale.
Mesures de sécurité et reconstruction dans le respect de l’architecture traditionnelle
Le Wali a souligné que des incidents liés à la chute de balcons avaient déjà entraîné des blessures chez des passants. Il a précisé que la région allait faire l’objet d’une reconstruction en respectant le style architectural traditionnel du quartier.
Il a ajouté que, bien qu’il respecte les opinions divergentes, la priorité reste la protection des citoyens et leur offrir des logements décents pour préserver leur dignité. Il a également mentionné que l’accueil des habitants dans des logements sociaux témoigne de l’engagement des autorités pour répondre à ce besoin.
Les réactions et controverse autour de la démolition
Le communiqué est intervenu après une vague de protestations contre les travaux de démolition qui ont eu lieu dans plusieurs ruelles du quartier historique suite au relogement de familles vers des logements décents à Mesraguine. Les travaux continuent près de la kasbah, de la rue Khedim Mustafa, à proximité du cinéma, de mosquée et du mausolée de Sidi El Houari.
Des activistes du patrimoine et des membres d’anciennes associations de défense du patrimoine ont lancé des pétitions pour demander l’arrêt des travaux dans cette zone protégée par la loi, en attendant son classement et sa rénovation comme cela a été fait pour d’autres kasbahs nationales.
Problèmes financiers et méthodologie de restauration critiqués
Les défenseurs du patrimoine ont exprimé leurs inquiétudes sur la méthode de démolition, soulignant que le projet de préservation de la zone de Sidi El Houari, lancé par le bureau d’études Sahli Fayçal, nécessite une étude approfondie et un financement supplémentaire. En effet, le budget alloué à l’étude de préservation de 12 millions de DZD est insuffisant pour couvrir les 70 hectares du secteur protégé.
De plus, les experts en patrimoine ont critiqué l’absence d’expertise de l’organisme de contrôle technique (CTC) dans les domaines des monuments historiques, jugeant que seules des compétences spécialisées dans la conservation du patrimoine peuvent garantir un travail respectueux des sites.
Appel à une consultation plus large sur la démolition
Les observateurs ont également suggéré qu’avant de lancer de tels travaux de démolition à grande échelle, une consultation élargie des experts, des architectes et des associations patrimoniales aurait été nécessaire pour éviter la répétition des erreurs du passé, comme celles liées à la démolition des quartiers de la mer et de Skalera dans les années 80. Cela avait conduit à l’oubli d’une grande partie de la mémoire historique d’Oran.
Enfin, des études ont déjà été réalisées pour la rénovation de la place Bouddali Hassan (anciennement Kliber), avec un budget de 80 milliards de centimes, qui aurait pu constituer une expérience de restauration à étendre à l’ensemble de la zone protégée, au lieu de se concentrer uniquement sur la démolition et le relogement.
B. Abdelouahab



