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Glissements de terrain en Algérie : quand l’urbanisation anarchique creuse les catastrophes

Les glissements de terrain ne sont pas qu’une affaire de nature.

 En Algérie, ce phénomène naturel récurrent est de plus en plus aggravé par une urbanisation incontrôlée, des constructions illégales et une planification souvent bafouée.

📉 Un urbanisme à contre-sens des règles de sécurité

L’une des principales causes de la vulnérabilité de nos villes face aux glissements de terrain est le non-respect des Plans directeurs d’aménagement urbain (PDAU) et des Plans d’occupation des sols (POS).

➡️ Des maisons s’élèvent sur des versants raides, des remblais instables, des sols argileux saturés en eau, souvent sans la moindre étude géotechnique préalable.
➡️ Ces constructions illégales, parfois tolérées, deviennent de véritables bombes géologiques à retardement.

⚠️ Promoteurs immobiliers : responsabilités ignorées

Le rôle des promoteurs immobiliers est souvent négligé, pourtant ils sont au cœur du processus de construction. Leur responsabilité peut être engagée :

  • Civilement, pour les dommages matériels et humains causés par des malfaçons ou l’absence de précautions géotechniques.
  • Pénalement, en cas de faute lourde ou de mise en danger de la vie d’autrui.
  • Sous le régime de la responsabilité décennale, en cas de dommages majeurs rendant l’ouvrage impropre à son usage.

💬 « Construire sans études, c’est exposer des familles entières à la mort. »

💸 Pourquoi construire dans des zones à risque ?

La pression foncière dans les grandes villes pousse de nombreux promoteurs à investir les terrains les moins chers, souvent exclus des plans d’urbanisme.

➕ Permis de construire délivrés par dérogation
➕ Absence de contrôles rigoureux
➕ Faibles sanctions en cas d’infraction

📉 Résultat : une culture de l’impunité s’installe.

🌧️ Des facteurs naturels aggravés par l’homme

Des villes comme Constantine, Tizi Ouzou, Chlef ou Oran ont déjà subi des glissements aux conséquences dramatiques.

🔹 Facteurs naturels :

  • Formations géologiques instables (marnes, schistes, argiles)
  • Fortes précipitations et alternance sécheresse/pluie
  • Versants abrupts dans le nord algérien

🔹 Facteurs humains :

  • Terrassements incontrôlés
  • Poids excessif des constructions
  • Travaux routiers ou ferroviaires mal préparés

🗺️ Ce qu’il faudrait (vraiment) faire

✅ Élaborer des cartes d’aléa précises (géologie, hydrologie, topographie)
✅ Interdire toute construction sur les zones classées à haut risque
✅ Imposer des normes de construction adaptées
✅ Appliquer la loi n°08-15 (promotion immobilière) et la loi n°90-29 (urbanisme)
✅ Renforcer les contrôles avant et après construction

🔚 Trop souvent, l’État réagit après la catastrophe

Bien que des mesures récentes aient tenté d’interdire les constructions en zones sensibles, elles arrivent trop tard, quand le sol a déjà cédé ou que des drames humains ont déjà eu lieu.

🎙️ “Tant que la logique spéculative primera sur la sécurité des citoyens, les glissements de terrain ne seront pas que des événements naturels, mais des fautes collectives.”

B. Abdelouahab

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