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Regent International Center : le plus grand immeuble résidentiel du monde en quête de renaissance

Ce géant urbain de 275 000 m² à Hangzhou, conçu pour héberger 20 000 personnes, oscille entre innovation architecturale, micro-logements précaires et problèmes de salubrité.

En Chine, dans la ville de Hangzhou, le Regent International Center détient le record du plus grand immeuble résidentiel au monde. Haut de 206 mètres et long de plusieurs centaines de mètres, ce mastodonte de béton et de verre, construit en 2013, peut accueillir jusqu’à 20 000 résidents. Ce complexe immobilier hors-norme se distingue par son modèle d’auto-suffisance urbaine, où les habitants peuvent vivre sans jamais en sortir.

Pensé à l’origine comme un hôtel de luxe, le bâtiment a été reconverti en résidence mixte après le sommet du G20 de 2016. Il comprend 1 500 logements, des espaces commerciaux, restaurants, salons de beauté, fleuristes, et même des salles de billard, répartis sur 275 000 m². Le design intérieur évoque les grands hôtels internationaux avec lustres, colonnes et escaliers d’honneur, dans un hall monumental de six mètres de hauteur.

Inspiré de la cité Radieuse de Le Corbusier, mais à une échelle vertigineuse, ce modèle de ville verticale visait à répondre à la densité urbaine croissante en Chine.

🧱 Une utopie urbaine devenue dystopie ?

Derrière cette façade luxueuse se cache une autre réalité. Le bâtiment, aujourd’hui en déclin, est confronté à une fragmentation extrême des logements. Des lofts spacieux de 200 m² ont été morcelés par des propriétaires privés en studios exigus, parfois sans fenêtres, avec isolation phonique quasi inexistante. Certains appartements sont découpés en huit micro-logements, ce qui pose d’importants problèmes de sécurité, salubrité et bruit.

Autrefois surnommé « l’immeuble des célébrités », le Regent International a abrité une forte communauté de streameurs et de vendeurs en ligne, profitant de la renommée numérique de Hangzhou, capitale chinoise du e-commerce en direct.

⚠️ Turn-over, vétusté et mauvaise réputation

Avec le turn-over élevé des résidents, la dégradation des infrastructures, et les incivilités récurrentes, la réputation du bâtiment s’est rapidement détériorée. Des médias chinois font état de problèmes croissants liés à l’hygiène, la sécurité, et au manque d’entretien des lieux.

Malgré cela, le bâtiment continue d’attirer les curieux et les touristes, fascinés par l’ampleur du projet et par son ambivalence entre grandeur et décadence. Des agents immobiliers locaux, comme Shi Lei, tentent désormais de redorer l’image du lieu, misant sur une rénovation partielle et une meilleure gestion des résidences.

B. Abdelouahab

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