Foncier économique en Algérie : le recensement des terrains et des projets d’investissement s’accélère

Une nouvelle étape pour le foncier économique en Algérie
Le dossier du foncier économique destiné à l’investissement revient au premier plan en Algérie. Le Premier ministre Sifi Ghrieb a insisté, jeudi 10 septembre, sur le lancement immédiat d’un recensement du foncier économique, accompagné d’un état précis de l’avancement des projets d’investissement lancés dans les différentes wilayas.
L’objectif est de disposer d’une vision plus claire des terrains disponibles, de leur situation et de leur capacité à accueillir de nouveaux projets.
Pourquoi recenser le foncier économique ?
Pour les investisseurs, l’accès au terrain constitue souvent l’une des premières étapes avant le lancement d’un projet industriel, commercial ou de services.
Le recensement doit ainsi permettre de mieux identifier les assiettes foncières disponibles et d’améliorer leur mobilisation pour les projets d’investissement.
Cette démarche s’inscrit également dans une volonté de mieux suivre les projets déjà enregistrés et de distinguer les opérations réellement engagées de celles qui connaissent des retards.
Le Premier ministre a notamment demandé un état précis de l’avancement des projets d’investissement dans l’ensemble des wilayas.
Vers une cartographie nationale du foncier ?
L’enjeu ne se limite pas à établir une simple liste de terrains.
Les orientations gouvernementales prévoient une démarche plus large comprenant notamment l’achèvement du recensement national, la numérisation de la gestion du foncier, l’assainissement juridique des terrains, ainsi que leur aménagement et leur raccordement aux différents réseaux.
Cette dernière dimension est particulièrement importante pour les entreprises.
Un terrain destiné à l’investissement ne devient réellement attractif que lorsqu’il peut être raccordé aux réseaux nécessaires : eau, électricité, gaz, voirie et autres infrastructures selon la nature du projet.
Un enjeu important pour les wilayas
Le travail demandé concerne l’ensemble des wilayas. Les collectivités locales auront donc un rôle important dans l’identification des terrains et le suivi des projets implantés sur leur territoire.
À Oran, par exemple, une réunion consacrée au recensement du foncier économique destiné à l’investissement a déjà été organisée au niveau de la wilaya.
Cette démarche pourrait permettre aux différentes wilayas de mieux connaître leur potentiel foncier et de disposer d’une base plus claire pour attirer de nouveaux investissements.
Quel impact pour les promoteurs et les entreprises ?
Pour les porteurs de projets, une meilleure organisation du foncier économique pourrait avoir plusieurs effets :
- une identification plus rapide des terrains disponibles ;
- davantage de visibilité sur les possibilités d’implantation ;
- une meilleure transparence dans la gestion du foncier ;
- un suivi plus précis des projets attribués ;
- une réduction potentielle des situations de blocage ;
- une meilleure planification des infrastructures nécessaires.
Pour le secteur du BTP, l’enjeu est également important. Chaque nouveau projet industriel, commercial ou de services peut générer des besoins en construction, aménagement, voirie, réseaux et équipements.
Un chantier qui dépasse la question du terrain
La question du foncier économique ne concerne donc pas uniquement la disponibilité des parcelles.
Elle touche directement à la capacité de l’Algérie à transformer les terrains disponibles en projets réellement productifs, créateurs d’activité et d’emplois.
Le Gouvernement avait déjà engagé cette année plusieurs actions visant à renforcer l’offre foncière destinée aux investisseurs et à améliorer la gestion du foncier économique. En juin, un projet de décret avait notamment été examiné concernant la concession convertible en cession de terrains relevant du domaine privé de l’État pour certains projets de promotion immobilière à caractère commercial.
Ce qu’il faudra suivre dans les prochaines semaines
La prochaine étape sera particulièrement importante : il faudra voir quels terrains seront effectivement identifiés, dans quelles wilayas, pour quels types de projets et avec quel niveau de préparation.
L’efficacité de cette opération dépendra donc non seulement du recensement, mais également de la capacité à rendre les terrains juridiquement disponibles, aménagés et correctement raccordés aux réseaux.
Pour les investisseurs comme pour les professionnels du BTP, cette évolution pourrait ainsi constituer un indicateur important de la dynamique des projets en Algérie.
Conclusion
Avec le lancement du recensement du foncier économique et le suivi renforcé des projets d’investissement, l’Algérie cherche à mieux organiser l’un des éléments essentiels de son développement économique : le terrain disponible pour investir.
La véritable question sera désormais de savoir comment cette cartographie et cet assainissement du foncier se traduiront concrètement sur le terrain, notamment en matière de nouveaux projets, d’infrastructures et de création d’activité dans les différentes wilayas.
B.abdelouahab



